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Italie - Rome


de Caroline, 19-03-2007

Encore du lourd ce week-end...


Bon, pour raconter ce week-end (le troisième déjà !), j’ai décidé de le faire au fur à mesure. Ce sera donc long, rébarbatif et tout ce que vous voulez mais précis… Là, on est samedi soir ; il est 18h30 et je suis dans ma chambre. Sur fond de Marc Lavoine et son Pont Mirabeau, je vais vous raconter tout ce que j’ai vu aujourd’hui.

La journée a commencé tôt pour un samedi. J’avais rendez-vous à 10h30 Piazza Navona, dans le centre historique, avec un groupe de jeunes Français pour une visite de la Rome Baroque. Le guide, un bénévole qui fait des études pour (ou « à », je n’ai pas bien entendu) l’Ecole de Louvre, nous a tout expliqué de cette période, qui s’étend de 1600 à 1750 en gros. Au centre de la visite, 3 grands sculpteurs : Le Bernin (Fontaine des Quatre Fleuves), Nicola Salvi (Trevi) et Francesco Borromini (Eglise Ste Anne). Je vous passerai les détails mais ce fut vraiment intéressant. Nous avons même bénéficié d’une faveur pour l’Eglise Saint-Louis des Français : puisque cette visite était organisée à la fois par Rencontre romaine (le guide) et le groupe des jeunes Cathos français installés à Rome, nous avons eu accès aux trois tableaux de Caravage peints dans l’église en dehors de horaires d’ouverture au public. Installés sur nos petites chaises, le guide nous a tout détaillé. Il avait à peine terminé que l’église ouvrait ses portes… C’est une centaine de touristes qui a déboulé dans la nef, certains allant même jusqu’à courir pour voir les toiles ! Bon, ce qui peut etre intéressant à savoir, c’est que la France est propriétaire de 5 églises à Rome. Il y a notamment celle des Bretons, celle des Bourguignons et une pour les Lorrains… Les prêtres qui y vivent sont donc français et je crois (mais à confirmer) que nous y sommes en territoire français.

D’ailleurs, autre territoire français : le Palais Farnèse, l’ambassade de France (quelle transition)… Il est très difficile d’y avoir accès mais ce mois-ci, hasard heureux du calendrier, c’est l’anniversaire de Traité de Rome ! Pour l’occasion, le dimanche 25 mars, toutes les ambassades de Rome ouvrent leurs portes. Rendez-vous est pris, vous vous en doutez. Le Palais Farnèse a entre autre accueilli un tournage des Racines et des ailes consacré à l’art romain, du temps de Carolis :o)

Parenthèse fermée. Après la visite, à 16h, j’ai acheté ma première Gelatti ! Dans une toute petite Gelatteria. Là, on peut vraiment avoir honte, nous Français. Dire qu’on fait payer la malheureuse petite boule minimum 2 euros… Pour 1,80 euros, j’ai choisi Stracciatella / Crema della Nonna et c’était énooooorme. Et j’ai bien repéré où c’était, si vous voyez ce que je veux dire… On s’est ensuite séparé au pied d’une énième église. Prochaine rencontre, mardi pour une conférence sur « Engagement politique - Laïcité », sachant que la laïcité, contrairement à ce que je croyais avant d’arriver ici, ce ne sont pas les athées mais les croyants qui ne sont pas prêtres, sœurs ou autre membre « VIP » de l’Eglise. Nous allons tenter, sous le cloître de St Louis des Français, « d’éclairer nos choix à la lumière de l’Evangile de l’enseignement social de l’Eglise ». Je ne suis pas du tout contrainte d’y aller mais la présidentielle, après tout, c’est tellement le bazar, que si quelqu’un me propose d’y mettre un peu d’ordre… je veux bien voir ce qu’il a comme méthode de rangement. Et faut etre aware. Est-ce finalement plus glorieux d’écouter des pseudos intellos de Rive gauche, des agriculteurs, des chasseurs voire parfois des astrologues que des religieux ?

Voilà pour aujourd’hui. Quant à demain… quel dilemme. Le Palatin ? Le Janicule et son coup de canon à midi ? Trastevere ? La relève de la garde à 15h au Quirinal ? Dormir ?...

Dimanche, 20h.

Je rentre d’une longue et intéressante journée. Ce n’est pas très original de dire ça, je m’en rends compte en l’écrivant. C’est quand même paradoxal : je passe mon temps à me plaindre des Italiens, tout en clamant haut et fort que je passe de merveilleuses journées. Ah oui, ces merveilleuses journées ne me mettent jamais en contact avec les autochtones ;o)

Pourtant, tout a commencé sur un malentendu. Hier soir, Joséphine me dit qu’elle partait ce matin à 9h avec ses deux filles. Réveillée à 9h15, silence dans la maison. Je pense que mon hôte est partie et prends donc mes aises dans la cuisine. Je mets la télé, je regarde le marathon et rigole comme une andouille parce que justement, le peloton passe en bas de mon immeuble et j’entends l’hélico de la télé au-dessus de moi. Petits commentaires persos (« Tiens, le vendeur de tapis », « La rue pour aller au bureau »…). Et là, crise cardiaque. Joséphine débarque en pyjama. En fait, elle ne s’était pas réveillée… Bref, elle est finalement partie à 12h.

Quant à moi, j’ai pris le bus (oui, j’avoue mon acte de fainéantise…) pour aller voir ce fameux Janicule. Point le plus élevé de Rome, on vous y promet un fantastique panorama. Je confirme. Mais ça se mérite… après l’ascension de 250 marches. En haut, l’ambassade d’Espagne abrite le petit temple circulaire de Bramante. La légende veut que ce soit ici que Saint Pierre a été crucifié. Un peu plus haut, la Fontana Dell’Acqua Paola manque de causer des dizaines d’accidents de voitures. Installée à l’angle d’une épingle à cheveux, la monumentale fontaine domine la route. Et encore plus haut, alors qu’on arrive assez content de soi, trempé de sueur… et qu’on tombe sur un parking plein (dans ces cas-là, mieux vaut relativiser), on atteint enfin la statue de Garibaldi. Bon, tout l’après-midi, j’avais en tête Monaco, Albert et consort. Mais non, pas Grimaldi, Ga-ri-bal-di. Soit le chef d’armée qui en 1849 s’opposa aux troupes françaises qui étaient venues restaurer l’autorité du Pape. Vous savez, c’est le genre d’endroit où il ne fait pas bon d’être Français…

Je suis ensuite redescendue pour trouver le plus ancien lieu de culte de Rome de la Vierge Marie. Un peu comme dans toutes les églises de Rome, on reste scotché dès l’entrée. Le plafond est entièrement peint. Les colonnes sont toutes ornementées. Et certains trouvent ça trop (dixit les Français de la visite d’hier). A la sortie, direction l’île de Tibérine où j’avais une adresse en tête… Conseillée par un collègue, j’ai « visité » mon deuxième glacier :o) Note pour la prochaine fois : le piccolo cono suffi, éviter de prendre le medio. Je traverse l’île (en 10 pas, c’est fait) et me retrouve, après m’être perdue - mais juste un peu, devant l’église de Saint Ignace (« le patron des coiffeurs »… hum hum… petite blagounette du guide d’hier…). J’ai pu rentrer à nouveau à l’intérieur et profiter de cette voûte toute en trompe l’œil, ainsi que le faux dôme. Il faut se poster sur le point jaune à l’entrée pour profiter des peintures. De là, le dôme parait monumental, la voûte à des centaines de mètres de hauteur… alors que vu de n’importe où ailleurs, tout est déformé, anamorphosé… (Houlà Claire, tu comprends ? ;o) ) Je suis ensuite rentrée en bus… Oui, maintenant que j’ai compris comment fonctionne le réseau urbain (Atac), je l’utilise.

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